
*Disclaimer: French bellow. This text was originally written in French and is therefore a translation. For the sake of clarity, some elements of the text have been changed from the original.
Seeing in pictures
Often, I find myself confronted with my head and it's distinctive way of seeing life.
I have what I consider to be a singular ability to see my thoughts in pictures.
In my head, there is not necessarily an inner voice that predominates over the rest.
I "speak" to myself and I see forms and matters. Lights and colors.
There is this materialization of abstract concepts in images shimmering with accuracy, created with such precision that the scenes could easily be found on tv.
I see in images and think in scenes.
I can easily imagine any setting described to me and find immediate comfort in creating something.
I always get the results I want because I have thoughs over and over again the ins and outs of my creations, with such precision that I doubt I can even forget a detail.
I turn the image of my creation over and over in my head and it becomes almost dizzying as the colors moves.
My head is spinning but I don't want to stop because the images are beautiful and give me the illusion of being there.
To be in the picture between my two ears, the one i created from scratch.
I understand myself through the meanderings of my mind as it manifests the concepts in images.
It seems like a second nature.
The real problem arises when I have to expose my ideas to others.
From this moment I seem to hide in disguise, transpose myself into a chimera half me, partly unknown.
The words rush in before my head has a chance to think and I find myself saying anything to get out of the conversation.
My head never has time to think long enough to respond with its "heart."
I have trouble translating what I call my metaphors to the other person.
I get flustered and anxiety rises under my skin.
I sink into this character that was never me.
I disguise myself by saying things I don't mean because escaping the conversation is faster than summarizing everything that's going on in my head.
Cutting short.
Avoiding the eyes because I'm embarrassed.
I cushion my wrongs a little more each time.
Not to others though.
They doesn't necessarily realize it.
After the rush I look inside and forgive.
And erase my faults and my guilt.
I have lied and tricked myself for so long that now the thing to do is to pardon.
I must forgive myself for being wrong and not letting go.
I had, have and will be many, many times afraid of being looked at for real.
Afraid to let someone look at me and see the pictures that shimmer in my head.
Afraid to be pushed away.
To be ignored.
To be rejected.
To be forgotten.
Voir en images
Souvent je me suis retrouvée face à moi-même et ma manière distinctive de voir la vie. J’ai cette faculté que je considère singulière de voir la vie en image. Dans ma tête, il n’y a pas nécessairement de voix intérieure qui prédomine sur le reste. Je me “parle” et je vois formes et matières. Lumières et couleurs. Il y a cette matérialisation de concepts abstraits en images miroitantes de justesses, créée avec tant de précision que les scènes pourraient se retrouver facilement à l’écran.
Je vois en images et réfléchis en scènes. J’imagine facilement n'importe quel décor que l'on me décrit et trouve un réconfort immédiat dans la création et son élaboration. J’arrive toujours au résultat espéré, car je me suis imaginé maintes fois les ressorts et aboutissants de mes créations, avec une telle précision de détails que je viens à douter que je ne peux ne serait-ce qu’oublier un détail. Je tourne et retourne l’image de ma création dans ma tête et ça en devient presque étourdissant. Je vois les couleurs bouger, se mélanger.
Ma tête tourne, mais je n’ai pas envie d’arrêter, car les images sont belles et me donne l’illusion d’y être. D’être dans la pièce, dans ma mise en scène. Je me comprends à travers les méandres de mon esprit alors qu'il manifeste les concepts en images. Ça me semble une deuxième nature.
Le vrai problème se pose ici alors que je dois exposer mes idées à l’autre. C’est à partir de ce moment que je me travestis, me transpose en une chimère mi moi, part inconnue. Les paroles se bousculent avant même que ma tête ait pu réfléchir et je me retrouve à dire n’importe quoi pour me sortir de l’échange en cours. Ma tête n’a jamais le temps de réfléchir assez longtemps pour répondre avec son “cœur”. J’ai du mal à traduire ce que j’appelle mes métaphores à l’autre. Je m’empourpre et l’anxiété monte sous ma peau. Je sombre dans ce personnage qui n’a jamais été moi. Me travestit à dire des choses que je ne pense pas, car m’échapper à la conversation est plus rapide que de résumer le vrai fond de ma pensée.
Couper court face à l’autre. Éviter le regard parce que gêné. J’éponge un peu plus mes faux pas à chaque fois. Pas à l’autre par contre. Lui ne s’en rend pas nécessairement compte. Après l’affluence je regarde à l’intérieur et me pardonne. M’essuie de toutes fautes et de toute culpabilité. Je me suis menti et fait des tours pendant si longtemps que maintenant la chose à faire est de me gracier. Je dois me pardonner de m'être trompée et de ne pas m’être laissée aller. J'avais, j’ai et j’aurais peur encore plusieurs fois que l’on me regarde réellement.
Qu’on pose un regard sur moi et les images qui miroite au rebord.
Qu’on me repousse.
M’ignore.
Me rejette.
Me chasse.
M'oublie.


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